Histoire Bouleversante

Le 29 janvier 2022, a soufflé sur mon pays un vent nouveau, un vent  de changement. Des milliers de camions partis de l’ouest pour s’orienter sur la capitale. Le but était de rencontrer le premier ministre pour échanger, pour lui présenter leur réelle situation. Tout au long du trajet, des milliers de citoyens les appuient par des cris, des applaudissements, des chants. Il y en a partout sur les viaducs, le long de la route. Il y a une réelle effervescence.

Arrivés à destination, des policiers les accompagnent pour leur assurer des stationnements. Tout se fait dans le calme, la discipline, un véritable accueil. Dans les jours, les semaines qui suivent, il y a des festivités, de l’entraide, des câlins. La nation entière passe à un autre registre. Il n’y a plus de diversités apparentes, seule une grande unité d’une côte à l’autre. Les frères autrefois ennemis se parlent, s’entendent de mieux en mieux. De fait, en un mois, ces camionneurs ont  fait pour l’unité du pays plus que tous ces parlementaires, ces orateurs verbeux. Ils ont  initié des gestes d’entraide plus efficaces que tous ces programmes gouvernementaux. En leur présence, les gens souriaient à nouveau. Vivre, c’était aussi le bonheur, la danse, la joie, une bienheureuse insouciance, un regard paisible vers les autres, vers l’avenir. On avait une sensation de nouvelle terre.

Un seul absent, personne n’arrive à savoir ce qu’il advient du premier ministre. Il se terre quelque part sans laisser d’indice. Il avait bien essayé avant d’avoir la collaboration de ses policiers, même de l’armée, pour mater le mouvement de liberté. Faut dire que tout se déroulait pacifiquement. Alors, pas de réel motif d’intervention des forces de l’ordre.   

Bien plus, le mouvement se propage au-delà des frontières. On dit même qu’il y aurait une trentaine de pays pour emboîter le pas et rencontrer leurs propres dirigeants. La fête, l’amour, l’entraide se propagent partout. La liberté et  le bonheur  apportent des sourires, une fierté renouvelée. Les tout-puissants gouvernements de partout étaient en réelle panique. La ‘’matrice’’ perdait de sa force et risquait de s’effriter de plus en plus.

Puis, le 21 février, un petit caporal est apparu dans toute sa gloire. Toujours ‘’absent’’, il envoie  des hommes de main pour rétablir le désordre, le choc, le chaos et mettre fin à tout ce changement des derniers temps. Les gens  devaient être dociles et  se soumettre à sa volonté. Pour appuyer cette répression, aidé en cela par le chef de l’opposition,  il avait fait voter au préalable par le parlement des mesures de guerre même s’il n’y avait pas de réel conflit. C’est ce qu’on pourrait appeler: ‘’abattre une colombe avec un bazooka’’. 

Frères et sœurs de la route, vous êtes dans nos cœurs pour y rester. Vous nous avez donné de l’espoir en des jours meilleurs. Vous avez réveillé en nous la fibre humaine qui y sommeillait et elle va se poursuivre dans notre nouveau quotidien. C’est notre engagement envers vous. Merci à vous tous et toutes. Votre message va perdurer. Rien ni personne ne pourront arrêter la lumière d’éclairer la conscience qui s’éveille. Surtout pas les sanctions venues d’un autre âge et qui rappellent des temps d’obscurité de l’humain, de totalitarisme. 

Le Fou du Village